Petit pas – Marion Richez

L’entrée dans leur vie de jeunes parents n’a pas été des plus simple pour Mathilde et Martin. Des familles dysfonctionnelles dont aucune ne voit d’un bon œil cette venue au monde, une jeunesse qui rime plus avec précarité que projets d’avenir et en plus, chacun.e doit composer avec ses propres fêlures et une intimité qui s’effrite. Mais dans ce tableau sombre et peu encourageant se loge un petit bonhomme de deux ans, Jean, qui lui ne demande qu’à appréhender le monde et sa complexité.  Alors quand Mathilde tombe enceinte à nouveau, la vie devient une fois encore un peu moins engageante et l’horizon ne semble pas réellement se dégager. Jusqu’à ce que, par nécessité, Martin toque un jour chez leur voisine, Annie, pour qu’elle garde Jean durant une urgence hospitalière. S’ouvre alors pour la jeune famille un nouveau monde dans lequel les souffrances du quotidien et du passé peuvent être dites, où les solidarités se découvrent et où un peu de douceur semble émerger de l’âpreté des jours. 

Elle est pudique, elle dissimule autant qu’elle le peut son élan vers eux, sa sympathie. Elle ne voudrait pas leur faire peur avec tout ce qu’elle aurait à leur offrir, elle sait qu’on fuit celui qui veut s’approcher trop près, elle connaît la mécanique humaine.

Dans ce texte intime, à la poésie envoutante et saisissante, Marion Richez nous livre un plaidoyer fort pour l’entraide et la bienveillance, les liens intergénérationnels et l’espoir. Comme les herbes folles qui trouvent à pousser dans les fêlures du bitume, la sororité et les joies simples émanent des craquelures de nos relations humaines. Un réel bonheur de lecture qui prend soin de notre humanité et de son avenir, les enfants. 

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