Fragments d’instantanés poétiques qui racontent une enfance dans la grande ruralité, Pas si tant est une magnifique anamnèse de cette période si particulière. Des parents qui sont ce qu’ils sont, une fratrie à la fois complice et bourreau, compagnons de jeux et d’infortunes. L’ennui se dispute à l’exceptionnel qui peut jaillir de n’importe où mais surtout de ceux qui vivent ici.
Mon daron il a creusé des trous
Il a mis le chien dedans
Dans le jardin il y a des petits ossements
Par-dessus l’herbe et les fleurs ont poussé
Et au printemps ça éclot rudement bien
Bily ou Billy
On avait pas forcément choisi de prénom
Il n’y a jamais eu d’orthographe précise
Salomé Botella nous livre avec ce premier texte un territoire qui n’est que très peu raconté et explore un domaine des possibles aussi vaste que la monotonie des paysages de campagne. Mais derrières ces fragments poétiques, se cache aussi un projet esthétique qui tient autant aux circonvoluions de la langue qu’à l’acuité de restitution de la tessiture des jours.










