Tom Dunbar a connu la gloire et le succès avec son premier ouvrage, un True crime qui fait référence dans le milieu. Mais son deuxième livre, un roman intime et bien plus littéraire, a fait un flop retentissant et les gigantesques gains engendrés par les droits du précédent sont partis en fumée dans le restaurant aux influences germano-westerniques de son épouse, Beth. Alors, face aux menaces répétées de saisies et de déclassements sociaux auxquelles iels doivent faire face, les époux Dunbar vont élaborer un plan machiavélique pour renflouer leurs caisses, maintenir leur standing de vie et se débarrasser du paternel de Beth, un auteur populaire à succès aussi vulgaire qu’embarrassant. Le récit de cette descente dans les tréfonds de l’âme noire de Tom Dunbar nous est restitué par le prisme de cassettes audio enregistrées par l’intéressé dans un exercice de confessions précipitées par l’urgence de la fin de l’histoire.
Je suis sobre mais surexcité, et je m’en fous complètement. Pour la première fois depuis des mois, des années même, mon esprit est clair. Je vois le livre que je vais écrire, ce chef-d’oeuvre de true crime stupéfiant; je vois les livres qui vont suivre, une série de romans littéraires étourdissants. J’accepte l’amoralité de ce que nous nous apprêtons à faire. Si je ressens de la culpabilité plus tard, ce sera mon moteur secret: l’excellence de mon oeuvre pour seule expiation possible. Après tout, est-ce que l’art n’est pas au-dessus de la morale? Cite-moi un seul génie qui ait été un mec bien?
Auteur sulfureux de la contre-culture américaine, James Robert Baker livre avec Diables Blancs un roman noir et incisif qui multiplie les références cinématographiques autant que les outrances. Il fustige un milieu littéraire qui l’a lui-même rejeté pour des œuvres jugées immorales et n’épargne en rien le California Dream si « bankable ». Une œuvre corrosive et jubilatoire qui sonde les tréfonds de nos désirs inavouables.










