Le constat est limpide et sans appelle ; les politiques qui sont au pouvoir dans nos démocraties occidentales ne sont plus comptables de leurs paroles et de leurs dires. Ils et elles peuvent se permettre d’énoncer tout et son contraire sans que ça ne soit plus problématique que cela. Les exemples sont nombreux ; Donald Trump, Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Javier Milei, Giorgia Meloni ou encore Emmanuel Macron, toustes ont éprouvé les pouvoirs de la post-vérité et du peu de conséquence qu’engendraient leurs mensonges. Mais si cet inventaire peut et doit se poursuivre de manière continue et illimitée, quelles en sont les répercussions sur les systèmes de représentations et de gouvernances des pays concernés ? A quel point cet art de la désinformation et de la manipulation de la parole publique impacte-t-elle le débat et nos démocraties ?
Ce qui singularise cette nouvelle ère, ce n’est donc pas tant que les mensonges se sont multipliés, mais plutôt qu’ils font désormais l’objet d’une très large impunité. Là où, hier encore, le mensonge avéré pouvait contrarier une carrière politique, les contrevérités les plus flagrantes semblent aujourd’hui glisser sur les responsables. Il en découle une spirale perverse. Plus les mensonges se multiplient, moins chacun d’eux a d’impact.
Avec cet ouvrage, Clément Viktorovitch démontre que le contrat tacite d’une représentativité populaire saine et constructive doit être une parole sincère et éclairante, bien loin de celles auxquelles nous sommes désormais contraint.es. Et que, en abandonnant le champ de la véracité, les dirigeant.es qui manipulent les faits et les dires font le choix conscient de précipiter les démocraties qu’iels sont censé.es protéger vers un nouveau mode de gouvernance, la logocratie. Une démonstration implacable et salutaire.










