Plus de vingt ans après sa parution originale, « Les mots de hasard », premier recueil de Mireille Best, revient dans la collection de L’imaginaire accompagné de deux magnifiques préfaces d’Annie Ernaux et Suzette Robichon.
On y rencontre des femmes de tous âges et de différentes conditions, et chacun de leurs éclats de vie vient enrichir les autres, formant une mosaïque à la fois douce et amère.
Douce, car ce qui emporte dans l’écriture de Mireille Best ce sont notamment ses ambiances faites de demi-mots, de regards, de décors que parfois un seul mot suffit à faire jaillir.
Amère, comme le désenchantement d’une relation qui s’étiole ou qui ne verra pas le jour, comme une lettre qu’on attend sans jamais la recevoir, ou encore comme l’éclair de lucidité qui balaie toute une vie bien rangée.
Elle disait Voilà. On devrait débaptiser ses amis. Ils ont toujours des prénoms improbables. Ça ne serait pas très pratique disait Julie. Il faut que la vie soit vivable. Au moins dans les petites choses. Au moins ça.
Loin d’une écriture sociologique ou académique, le style de ces récits, d’une apparente simplicité, sait sublimer les questionnement et réflexions des différent.es protagonistes. Révolutionnaires par ce qu’elles nous montrent et disent de nos sociétés, de nos amours ou de nos lâchetés, les cinq nouvelles de ce recueil interrogent également notre rapport à la parole, répétant une incapacité à dire qui ne se résout souvent que dans le silence.
On ressort de ces nouvelles avec le sentiment d’avoir trouvé une amie, un regard neuf et une possibilité de grandir.
