Rucia vit dans une favelas de Santiago du Chili avec sa famille nombreuse et désordonnée. Elle rêve d’une vie différente, loin de ce microcosme marginal et des détraqués qui fantasment sur sa jeunesse et les promesses qu’elle charrie. Alors elle étudie à l’université, travaille dans une boite de nuit et aide à l’épicerie familiale pour pouvoir mieux fuir. Fuir jusqu’au nord du pays, à Iquique, où se tient le festival de la vierge noire. En compagnie de ses deux meilleures amies, La Maca et La Moni, elle prend donc la route pour un voyage inoubliable, aux allures de chemin de croix dans un pays encore traumatisé par la dictature et où les hommes sont une menace constante pour les femmes. Elles n’ont que leur soif de vivre, leur impertinence et leur insouciance à opposer à ces menaces mais sans cet horizon, le désespoir est trop profond.
Les mêmes images, à la télé, tous les matins. Alors on fait semblant, normalisant l’abominable histoire enfouie. On fait des mauvaises blagues pour sourire à la vie qui nous attend, tous crocs dehors, pour ne pas plier devant l’évidence d’une précarité monstrueuse et meurtrière.
Texte ravageur et militant entre sexe, drogue et souffle de libération absolue, Même le froid tremble est une lecture en apnée dont on ne ressort pas indemne. L’écriture à fleur de peau de Nicole M. Ortega retranscrit à merveille la fougue unique et jouissive de ces jeunes qui n’ont rien à perdre et pour qui la vie semble trop petite.










