Chiens des Ozarks est une histoire de famille, de vengeance, une histoire d’héritage et de ce qu’on en fait (ou de ce qu’il fait de nous, selon les cas). Une histoire qu’on pourrait situer n’importe où dans le temps et dans le monde, tant elle semble universelle. Bref, on se dit avant d’ouvrir le livre qu’on l’a déjà lu, tant ces paumé.es de l’Arkansas avec leurs voitures et leurs gros fusils nous semblent familiè.res.
Alors, pourquoi lire Chiens des Ozarks? Tout simplement parce que Jeremiah. Parce que Joanna, Evail, Lacey, Mona. Ces personnages d’une complexité affolante qu’Eli Cranor parvient à rendre réel.les, pour lesquel.les on s’inquiète et qui nous accompagnent, qu’on déteste souvent mais jamais pleinement car leur ambiguïté et leurs incohérences les rendent si proches de nous. Enfin, parce qu’il y a quelque part des Jeremiah qui malgré les traumas de la guerre et les brumes de l’alcool savent mettre toutes leurs forces pour protéger leur Joanna. Il y a des Evail, si pleins de colère qu’ils ne savent plus vers qui la diriger. Il y a des Mona qui croient en une justice plus forte qu’elles.
Jeremiah observa sa petite fille défaire les verrous. Au-delà de cette porte, la violence et les liens du sang étaient bien plus insondables que les grottes de calcaire qui creusaient leurs sillons à travers les Ozarks.
Chien des Ozarks fait partie de ces lectures qui trouvent en nous une petite porte à entrouvrir et nous pousse dans une zone loin d’être confortable et pourtant nécessaire, avec toutefois la sécurité que procure la fiction quand il s’agit de regarder les bosses et craquelures de notre humanité.
