Publié en 2007 aux Etats-Unis, ce recueil de poème de Maggie Nelson préfigure en partie la suite de son travail d’essayiste. Les quatre chants qui le composent abordent de manière tantôt émouvante, tantôt glaçante la question de la perte de liberté et de ses implications sur les existences. Mais cette perte se trouve muée en autre chose, en poésie mais aussi en soin de l’autre, en renoncements formateurs et en passions nouvelles.
Quel soulagement d’être privée de honte, de culpabilité, de savoir
ce qu’on veut. De vouloir.
Et si tu ne veux pas de moiil n’y a pas de honte non plus, rien
que les éclats blancs des éclairs,le tonnerre
L’écriture, si radicale de la poétesse donne une harmonie à ce qui ne devrait pas en avoir et permet de poursuivre en filigrane les questionnements qui se détailleront par la suite dans ses autres écrits autour de la sexualité, du genre et de la place des femmes dans une société qui ne lui en laisse pas.
