Été 1961, Daniel Boone Price termine tranquillement ses études au lycée municipal d’East Chicago. Coincé entre les raffineries de pétrole et un avenir plus que déprimant dans ce coin reculé de l’Indiana, Price va passer des vacances pour le moins mouvementées. Sous les traits de Rachel, énigmatique jeune fille débarquée il y a peu en ville avec son père, se matérialise le premier amour de Price. De celui qui vous fait perdre le sens des réalités, qui vous entraine dans des introspections sans fin, qui balaye tout le reste sur son passage. Ainsi emporté sur les rapides de l’amour, Price devra également se confronter à la lente agonie de son père qui meurt à petits feux d’un cancer. Il en conçoit une trahison de la part de son paternel, comme si ce dernier voulait à tout prix l’empêcher de vivre sa récente histoire romantique. Histoire qui le poussera toujours un peu plus loin aux bords des précipices de la folie.
C’était bientôt la fin du lycée, et nous ne savions pas quoi faire de nos vies sinon nous cramponner les uns aux autres. Et si nous nous serrions les coudes, à vrai dire, c’était autant pour nous soutenir mutuellement que pour ne laisser à aucun d’entre nous une chance de prendre son envol.
Roman d’apprentissage à la puissance lyrique folle, Price est aussi un ouvrage sur les méandres du sentiment amoureux lorsqu’il se fait trop puissant. Pour Daniel, le salut ne passera pas par l’accomplissement de son histoire mais bien par les souffrances amères et les désillusions en pagaille qu’il trouvera sur sa route et qu’il finira par coucher sur papier pour les exorciser. Steve Tesich nous livre donc également le récit de la naissance d’une vocation.
