Les orageuses – Marcia Burnier

La peur doit changer de camp. C’est dans cet esprit que les sept femmes à la base de ce gang ont décidé d’agir. Et comme elles ne peuvent compter ni sur la police, ni sur la justice, elles agiront par elles-mêmes. Elles traquent des hommes, ceux qui les ont agressées. Elles se vengent et les mettent face à leur responsabilité, elles saccagent leurs biens, taguent leurs maisons. Elles tentent de reprendre un peu de contrôle dans un système qui ne leur en laisse pas. De se soigner dans un monde qui les a blessées à jamais. La peur doit changer de camp.

Tous les jours dans son bureau, elle voit défiler les violées mais les violeurs sont introuvables, ils sont même absents de l’imaginaire, les filles enceintes disent qu’il n’y a pas de père, sur le formulaire de l’organisme qui décide qui sera réfugié ou non, l’OFPRA, il n’y a pas de rubrique enfant d’un viol alors Lucie bricole, elle barre «union antérieure » et écrit en majuscules VIOL.

Derrière le récit de ces expéditions punitives, Marcia Burnier dépeint aussi les rapports amoureux et ce qu’ils ont de pervers. Elle nous oblige à nous questionner sur nos relations et redéfinit la manière dont nos agissements sont consentis ou non. Elle raconte aussi la sororité salutaire qui gagne les personnes qui traversent ces pages et permet aux combats de se mener, sur tous les terrains, dans chaque mot et qui résonne comme un impératif majeur et le principal enjeu de ce siècle qui s’ouvre. 

Shares:
Post a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *