C’est l’histoire d’un couple, d’un amour et de l’étiolement de cette relation. Ezra et Eve se rencontrent dans le lycée où ils enseignent. Lui les mathématiques, elle le français. Leur relation, d’abord passionnée et sensuelle, s’érode peu à peu entre routine et incompréhensions mutuelles. Ezra, sans doute par déformation professionnelle, y voit les conséquences des chaînes de Markov, théorie mathématique qui prétend que les informations utiles à la prédiction du futur sont entièrement contenues dans l’état présent de la situation étudiée. Il voit donc dans le déclin de cet amour une inéluctabilité dont il n’est pas acteur, il se contente de répondre aux desideratas d’Eve et d’espérer que les choses s’améliorent.
La relation amoureuse requiert au moins ce degré-là de mensonge: faire semblant d’être présent. En ce sens, trois phases se distinguent dans une relation. La première, où vous rêvez de prendre l’autre dans vos bras. La deuxième, où vous prenez l’autre dans vos bras. La troisième, où vous prenez l’autre dans vos bars en pensants au fonctionnement de la signalisation ferroviaire. Le désir, le bonheur, le couple.
Autopsie du couple hétéronormé contemporain, portée par une écriture corrosive et un humour frôlant avec un cynisme désabusé, ce premier roman porte de belles promesses même s’il fait l’économie de bien des aspects des relations amoureuses.
