La vie juste – Laure Federiconi

Ses plantes se meurent, son travail ne l’épanouit pas et sa psychiatre l’abandonne. Elle allait mieux il y a six ans. Elle en est persuadée. Lui reste alors comme rempart à la mélancolie la méditation, la poésie, quelques pulsions sexuelles inassouvies et un désir immuable de pommes de terre. Elle convoque ses souvenirs, ses pensées, elle pratique différentes activités qui devraient lui permettre de succomber aux injonctions, toujours présentes, d’un bonheur de façade, placardé à l’envie dans nos existences. Encore plus quand on est libraire au rayon « Développement personnel » d’une grande enseigne. 

Combien d’autres personnes, dans les villes, livrées à elles-mêmes? Abandonnées par leurs psychiatres? Dans les rues, ici, je croise la même défiance extraite des photographies. Elle se retrouve dans les pavés, les enseignes, les infographies.

Avec une écriture ciselée et magnifique, un humour omniprésent et un sens de la formule ravageur, Laure Federiconi nous offre un grand roman sur la vacuité de l’existence. Elle saisit à merveille les incohérences et autres contradictions qui font aussi nos vies et qui nous plongent, malgré nous, dans la nostalgie d’un passé moins alambiqué. Une splendide découverte. 

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