Port du Havre, le corps d’un homme anonyme est retrouvé sur la plage, avec pour seul indice un numéro de téléphone dans une poche. Pour la femme à l’autre bout du fil commence alors une enquête qui la fera renouer avec la ville de son enfance et de son adolescence, retrouver des lieux marqués par l’Histoire, les souvenirs d’un père marin ou d’un amour de jeunesse trop fugace. S’il ne doit y avoir qu’une certitude au bout du voyage, à défaut d’un nom à mettre sur un visage ce sera celle de la famille – le mari, la fille presqu’adulte – qui ancre malgré la tempête.
Le vent soufflait, un vent déstructuré, sinusoïdal, hasardeux comme une chose sans tête, mais une force invisible qui liait tout ensemble, sanglait le ciel sur la mer, et nous – mouettes, bateaux, pelleteuse – avec eux.
Un récit qui nous happe et nous projette dans la ville du Havre, personnage à part entière, qui livre avec parcimonie ses secrets, les détours de ses ruelles, les histoires de ses habitant.es. Maylis de Kerangal fait de ce faux polar un vrai récit de la contemplation, de l’intime et du souvenir.
