A travers ce dialogue entre les textes de Pierre Bergounioux et les œuvres de Joël Leick, se dessine un paysage percuté de plein fouet par l’industrialisation et son déclin. En toile de fond de ces déambulations poétiques se matérialisent les ruines et les friches d’un monde qui devait impacter durablement nos existences mais qui s’est en partie écroulé après quelques décennies seulement. De ces décombres, Pierre Bergounioux déploie un imaginaire des traces que laisse l’activité humaine et convoque un inventaire des interstices crées par la corrosion sur les surfaces rouillées. Le poète traduit alors ces trous et ces balafres que lui donne à voir l’artiste en textes marquants d’un monde qui passe, un pur régal pour des yeux avides d’un nouveau regard.
Une dernière chose, dont la friche industrielle témoigne brutalement, mieux que de long discours : c’est l’antinomie des deux esprits aux prises. Celui de l’homme est amoureux des lignes pures, de la géométrie, du repère cartésien, de l’économie, de la raison. Celui, si toutefois le mot convient, de la nature est prodigue, anarchique, opportuniste, cynique, invasif, confus, bref, sans pensée ni sentiment.










