Les filles de la famille Stranger – Katherena Vermette

Elles sont quatre. Issues de la même famille mais de trois générations différentes. Il y a Margaret, la grand-mère qui doit composer avec une colère sourde et un mari encombrant qui cristallise toute sa frustration. Sa fille, Elsie, tente pour sa part de se sortir de sa toxicomanie et de combattre les démons qui la rongent de l’intérieur. Après s’être vu retirer la garde de ses trois filles, elle enchaine les périodes de sobriété et les rechutes sans pour autant parvenir à surmonter la tristesse et la culpabilité de la mort de sa fille cadette, Sparow. Enfin, il y a les petites-filles, Phoenix et Cedar. Phoenix est dévorée par une violence sourde qui l’a conduite en prison où elle règne en maitresse des lieux et donne naissance à un fils qu’elle devra abandonner. Cedar, quant à elle, enchaine les familles d’accueil et se tient assez loin des problèmes mais toujours aux côtés de sa famille. Elle finira par aller vivre auprès de son père pour y trouver un semblant de stabilité. 

Elle a rêvé de bébés et d’oiseaux, et des briques du mur blanc qui devenaient moelleuses comme des nuages. Elle se fichait de savoir si elle devenait folle tant que ce qui lui passait par la tête était réconfortant.

Derrière ces quatre portraits entremêlés, se dévoile peu à peu la condition précaire de ces femmes autochtones qui se débattent avec leurs faiblesses et leurs histoires, des hommes absents ou violents et un racisme systémique omniprésent. Et qui n’ont à opposer à ce fatum qu’un amour maladroit et la force de celles qui n’ont que la vie à chérir. 

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