Herman melvill n’a absolument rien à voir avec Herman Melville, l’auteur de Moby Dick. Pour preuve, leur nom de famille ne s’écrit pas avec la même orthographe. Non, herman melvill, sans e donc, est un obscur bibliothécaire qui œuvre à la New York Public Library. Il y consacre une partie de son temps à l’étude de son illustre homonyme mais cela n’a strictement rien à voir avec cette promiscuité patronimique. En parallèle de cette fascination pour l’auteur de Bartleby, notre homme affiche également une aversion profonde pour les personnes qui fréquentent son institution, ce qui l’amène à fantasmer un bunker-bibliothèque dans lequel personne n’aurait le droit d’emprunter ni de consulter les ouvrages. Et cette douce folie n’a pas atteint son paroxysme tandis que l’on plonge dans l’œuvre de l’architecte Leebeus Wood ou dans celle du poète Malcolm Lowry.
[…] je peux seulement faire comme si je parlais, sous cette forme de monologue, autrement, ça ne marche pas, le seul moyen pour moi d’exposer ce que je veux dire est de faire semblant de m’adresser à quelqu’un, alors que, naturellement, je ne m’adresse à personne […]
Avec ce soliloque effréné, László Krasznahorkai, nous offre un texte à la fois grandiose et hilarant, qui nous entraine aux confins de la folie la plus pure et des utopies les plus radicales. Un sommet d’hommages absurdes et de logorrhée poétique.
