La mort est une conséquence de la vie, alors, pour la raconter, il est nécessaire de parler de l’existence de la personne qui nous a quitté. C’est ce que fait avec brio Clémentine Mélois dans ce magnifique texte. Elle parle de la vie de son père, Bernard et de son travail de sculpteur. Elle nous raconte les moments drôles, tendres et touchants de cette vie de famille pleine de rires, de créations et d’amitiés, sans pathos mais avec une tendresse infinie. Elle raconte les souvenirs lointains comme les plus proches qui font sens, pour elle et qui nous illustrent l’importance de la perte à venir. Elle évoque la poésie qui se cache dans nombre de recoins du récit et des expériences si singulières qu’ils vivent chacun à leur manière.
Une vie entière à construire une oeuvre spectaculaire, au calme de son atelier ouvert sur le jardin. Ma mère à ses côtés, toujours là, à portée de voix. Nous, ses filles. Le chien qui pue. Les amis qui passent. Les voisins. Tout au centre de notre monde, de l’îlot familial entouré par l’infini sauvage des champs, des forêts et des gens ordinaires.
Et elle nous parle également de la fin, des derniers jours passés ensemble dans une atmosphère que l’on imagine volontiers suspendue entre le réel et le songe, entre l’activité et le déni. Avec son écriture de dentelles, toute en finesse, elle trouve le ton juste pour nous partager, sans voyeurisme aucun, une intimité à la fois vibrante et pudique.
