Lorraine brûle – Jeanne Rivière

La nuit, elle joue du punk dans différents groupes de Metz, le jour, elle bosse à mi-temps un peu loin de chez elle et doit se lever aux aurores pour s’y rendre. Entre temps, elle élève son fils pré-adolescent, Tarzan, prend soin de ses cochons d’Indes et de ses amies. Elle tente de comprendre quelque chose à l’existence et au BDSM que pratiquent certaines femmes qui l’entourent, elle s’occupe de sa grand-mère centenaire et met de la vie dans une région qui pourrait paraitre morose. Et elle nage. Religieusement, à la fin de chaque chapitre, elle nous raconte son rapport à la nage, aux piscines, comme si cette activité physique qui consistait à se maintenir hors de l’eau était une métaphore de son existence. 

Je me dis que j’aurais dû écrire un livre à intrigue. Mais je me dis aussi que l’intrigue c’est « Comment tenir d’un seul bloc dans une vie aussi éparse? ». Une vie dans laquelle dès que je pense un truc et que je vais dans une direction, j’ai un petit voyant qui m’appelle dans l’autre sens.

Quel plaisir que cette lecture ! Dans ce roman punk et bordélique, Jeanne Rivière prend l’écriture à bras la plume pour s’en servir d’échappatoire, pour essayer d’y voir un peu moins flou dans ce monde. Consigner ses journées par écrit devient alors un pas de côté nécessaire qui traduit toute l’urgence à mettre un peu de trash, de folie et de poésie dans nos existences. 

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