Anne-Sophie Subilia
Glissando
A la naissance de Gabrielle, son deuxième enfant, Béa voit le fragile équilibre de sa vie de famille mis en question. Quelle place donner à Jan, son ainé ? Comment concilier son rôle de mère et ses projets professionnels ? Est-ce que son couple a encore une existence propre ou n’est-il qu’un duo parental voué à ne communiquer que des informations organisationnelles ? Et pourquoi diable il y a-t-il toujours de la poussière dans leur salon ? Alors pour donner un semblant de sens à toutes ces questions, Béa fait le ménage, tente de ne pas sombrer lentement dans la dépression en acceptant une nouvelle traduction, organise des vacances auprès de son père au nord de l’Allemagne et enchaine les longueurs à la piscine municipale. Mais rien ou presque n’y fait, sauf le temps qui passe, qui chasse les jours et peu à peu redonne des micro-espace de décompression.
La femme esquive un câlin d’adulte, cherche des yeux le bavoir. Près de la fenêtre, ses cernes prennent une teinte mauve et violacée sur la peau translucide, on croirait du vitrail. Mine défaite d’une personne qui chaque jour depuis neuf mois compte sur quatre heures de sommeil mises bout à bout.
Écrit avec beaucoup de sensibilité et de poésie, « Glissando » est une succession de fragments d’un quotidien qui ne peut prendre aucune autre forme. Anne-Sophie Subilia nous entraine dans une tentative réussie de restituer la tessiture éthérée des premiers instants d’une recomposition familiale. Une réelle réussite et un très beau roman.

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