30/40 – Jean-Christophe Menu

Avec cette nouvelle anthologie (on serait presque tenté de l’orthographier hantologie en référence à Christian Rosset), Jean-Christophe Menu reprend l’entièreté des sillons qu’il creuse dans sa pratique de la bande dessinée ; l’autobiographique, avec ces deux histoires centrales qui racontent la perte d’un parent et le strip, qui nous replonge dans les plus belles heures de Gnognottes, le feuilleton avec, enfin !, une suite à une planche de Lapo et le trash avec l’enfance de Meder, le reportage musical et l’onirisme, la contrainte et l’édition, tout y passe pour notre plus grand plaisir. Les moines du Mont-Vérité sont également présents sous la houlette de la sphinge et réalisent notamment les trois éditos qui se logent dans ce magnifique volume. 

Voilà la glossolalie que la Mune nous a obligé à publier. Vous y avez compris quelque chose? Nous-moines devons avertir la Mune que si cette ingérence devait se réitérer nous organiserions immédiatement une grève dont les modalités resteront à définir mais n’en démordrons pas. Bobollah.

En toile de fond de cette apparente construction hétéroclite, se trouve le sujet central que Jean-Christophe Menu s’efforce de questionner depuis maintenant près de quarante ans : la bande dessinée elle-même et l’intégralité de ses potentialités. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il réalise un incroyable tour de force en y parvenant de manière toujours plus habile. Un livre parfaitement nécessaire et salvateur. 

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